pigeon pompidolien

chhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhht
ne l’effrayez pas
dans cette enceinte on l’encense
sel de la terre, joyau du ciel
tout un pan de l’art contemporain,
les saouleries d’essoulages et lézards bruts,
voyez-vous, s’adresse à lui

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d’exil en solipsie

sol, je de dupe
vanité de la terre
avoir volé le nom d’une étoile

quand on n’a pour briller
que son œil
un lac de soleil liquide
pupille brasillante
plongeant dans l’azur

– uranus et altaïr, si lointaines :
l’azur ; on aimerait tant
l’étreindre, en être étreint,
voir battre le cœur des étoiles,
s’y dissoudre, être sauvé
solvation, salvation – du pareil au même

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boulier booléen

j’aimerais te dire encore à quel point,
et aussi combien,
mais tu le sais, n’est-ce pas ?

roulent des dés à cent-mille faces
des billes de bois rondes et colorées
les infinitésimales, les infinies décimales
qui régissent l’espace
mes doigts ne sont pas assez fins
les tiens, si, sans doute

après les aurevoirs
la vadrouille d’un rêve lucide ;
défilent devant mes yeux
les lumières colorées
d’une cité nocturne et sans nom
la bobine d’un film fou
on aurait dans l’émulsion capté la poésie même
et tout cela suit
la courbe de ton visage
– en trouver la dérivée
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ver sacrum

ver sacrum
si souvent je sais, ariane perdue,
que mes mots t’échappent
mais où en es tu, que veux tu
ariadne, sphynx et labyrinthe :
si souvent je me perds
en suivant ton fil
(soie arachne, arrache-soi,
la solidité vient de la chute
icare en sait quelque chose)

ce matin-là, défilait la ville
en route vers les airs
en route vers l’hiver
je regardais la grâce de ton cou,
ton visage appliqué

(que j’aime ta beauté classique
– fille du feu, chimère,
parmi les arbres en rinceaux et sur les rivières,
je t’ai vue orner les couvertures des éditions de nerval
avec lui j’ai nagé dans ta grotte
avant que tu ne reçoives le baiser de l’ornemaniste
il ne m’en fallait pas plus
pour m’enamourer d’ariane
m’aurianer de toi
j’ai reconnu ta peau de lait, galatée,
tes yeux, salambô et ton corps de danseuse exotique,
si je savais peindre, que j’aimerais te peindre)

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